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Le syndicat de la police lave son linge sale en public


Mercredi, au centre Prince-Henri, à Walferdange, sept membres du SNPGL, dont l'ancien secrétaire généraldu syndicat, ont été exclus de l'organisation. (photo F.Pizzolante)
Mercredi, au centre Prince-Henri, à Walferdange, sept membres du SNPGL, dont l'ancien secrétaire généraldu syndicat, ont été exclus de l'organisation. (photo F.Pizzolante)

Des voix dissidentes au sein du syndicat national de la police se sont fait exclure mercredi soir au cours de la 16e assemblée générale. Du jamais vu. Mais le SNPGL tient bon et remporte des victoires.

C’est la méthode du SNPGL qui ne plaisait pas aux dissidents. Mais «qui sème le vent récolte la tempête», a déclaré mercredi le secrétaire général. Le syndicat a lavé son linge sale en public.

Ils n’ont pas que des problèmes à régler avec la réforme de la police, les logements de fonction, les agressions sur les policiers, l’audit de la police qu’ils disent être un «fake» (un faux), mais encore le Syndicat national de la police grand-ducale doit-il faire face à des problèmes internes. La manière dont l’assemblée générale s’est achevée mercredi soir peu après 21h30 n’était pas le meilleur final que l’on ait connu dans l’histoire du principal syndicat de la police.

Devant quelque 300 membres réunis mercredi au centre Prince-Henri à Walferdange, sept membres, dont l’ancien secrétaire général du syndicat, ont été exclus de l’organisation. La salle les a hués et, surtout, l’assistance ne les a pas laissé s’expliquer. Du jamais vu.

Car au sein du syndicat, il existe des divergences de vues, non pas sur les objectifs à atteindre mais sur la manière d’y arriver. «On nous reproche d’être trop agressifs» , fait observer le président Pascal Ricquier en début d’assemblée générale, deux heures et demie plus tôt.

Mais la méthode a porté ses fruits. Dans ses négociations avec le gouvernement, le SNPGL a réussi à faire bouger les lignes. Il a obtenu gain de cause sur les logements de service que les policiers étaient priés de quitter ou de payer le loyer au prix du marché. Le syndicat a obtenu un répit de cinq ans, alors que les policiers étaient concernés par 180 logements sur les 800 logements de service que compte l’État.

Il a également trouvé un accord sur la question des postes à responsabilité que 420 policiers devaient décrocher, mais qui leur avait été sucrés avec l’entrée en vigueur de la réforme de la fonction publique. Cette majoration de l’échelon leur sera finalement accordée.

L’Aspol, une traîtrise

Ce dernier point faisait l’objet d’un litige qui a conduit le syndicat en conciliation avec le gouvernement. Le second point en conciliation portait sur la carrière de l’inspecteur qui sera reconnu comme telle, comme le souhaitait le syndicat.

De belles victoires qui encouragent le syndicat à poursuivre ses efforts et à ne pas relâcher l’attention. La réforme de la police occupe bien sûr tous ces esprits. Les groupes de travail mis en place après l’audit en vue de préparer la réforme révèlent parfois au syndicat que le contenu de l’audit ne reflète pas les propos que les gens interrogés ont livrés. Sur ce point, le secrétaire général, Jérôme Banchieri, très virulent, a accusé de tricherie le directeur de la police judiciaire, Jeff Neuens. Voilà l’ambiance.

Le gouvernement a en tout cas en face de lui un syndicat soutenu par ses troupes. Mercredi, les sept membres qui avaient osé critiquer la méthode qu’ils jugent trop agressive n’ont pas eu voix au chapitre. La salle les a sifflés, alors même qu’ils essayaient de s’expliquer. Le comité avait décidé de laver son linge sale en public, ce que les sept exclus n’ont pas apprécié. Ils comptent organiser prochainement une conférence de presse. Ils ont effectivement créé une association (Association de la police grand-ducale, Aspol), ce qui a été perçu comme une traîtrise à un moment, «où le syndicat doit se montrer fort» , note le secrétaire général.

Son prédécesseur à ce poste fait partie des exclus et, mercredi, il s’est vu reprocher sa sympathie pour le LSAP dont il est membre.

Le SNPGL est bien conscient qu’une réforme doit intervenir, mais, prévient le président Pascal Ricquier, si le syndicat est prêt à soutenir la direction pour qu’elle aboutisse, «ce ne sera pas à n’importe quel prix» .

Le SNPGL ne se laissera pas affaiblir. Mercredi, il a donné une nouvelle démonstration de sa force et ne s’est pas privé de remettre aussi bien les ministres que la direction de la police à leur place. Pour exemple, c’est le président du syndicat qui a répondu correctement à une question parlementaire sur les heures supplémentaires effectuées par la police concernant les affaires de stupéfiants. La réponse du ministre indiquait 707 heures, le syndicat en compte mille de plus, preuves à l’appui.

Geneviève Montaigu

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