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Planning familial : 50 ans de luttes


Le Planning familial fêtait, lundi, en grande pompe, ses cinquante ans d'existence
et de lutte sans jamais baisser la garde. (photo Isabella Finzi)
Le Planning familial fêtait, lundi, en grande pompe, ses cinquante ans d'existence et de lutte sans jamais baisser la garde. (photo Isabella Finzi)

D’une petite ASBL, le Planning familial est devenu aujourd’hui un organisme de premier plan, tant au niveau de la prévention que du suivi au niveau sexuel et reproductif. Un demi-siècle d’existence qui a été salué lundi par les ministres de la Santé et de la Famille, et par un film, qui a retracé les étapes de l’organisation.

C’est le 1er juin 1965 qu’une poignée de militants fondent le Planning familial : « Ils voulaient changer la société luxembourgeoise et évoquer des sujets dont personne ne parlait, mais qui concernaient tout le monde », évoquait lundi Ainhoa Achutegui, la présidente actuelle du Planning familial (qui a succédé à Danielle Igniti).

Après trois générations de conseil d’administration, une loi de 2014 sur l’IVG, qui «tient compte de l’autodétermination de la femme», le combat du Planning continue avec la prévention des grossesses non désirées, et ceci par une volonté de rendre gratuit l’accès à la contraception, et pas que pour la pilule. Selon les chiffres du Planning, 60 % des femmes ayant recours à une interruption volontaire de grossesse ont plus de 25 ans, un argument pour étendre la gratuité de la contraception à toutes les femmes en âge de procréer.

Un message que s’est bien gardé de relever la ministre de la Santé, Lydia Mutsch, qui s’est contentée de féliciter le Planning pour ses victoires et son professionnalisme : « Il ne faut pas perdre de vue que les droits sexuels sont aussi des droits à la personne, ce qui veut dire pas de discrimination et exiger l’égalité, le consentement et le respect .»

Même chose du côté de l’éducation sexuelle puisque « le Planning n’a que deux postes d’éducation sexuelle et affective pour parcourir le pays, ses écoles, ses maisons relais, former ses professeurs et éducateurs. Et tout cela en prenant en compte les besoins spécifiques des personnes présentant un handicap, des personnes nouvellement arrivées…. C’est mission impossible », a estimé Ainhoa Achutegui. Là aussi, le message du Planning est passé, mais reste pour le moment lettre morte.

«Ne pas prendre tout pour acquis»

De son côté, la ministre de la Famille, Corinne Cahen, a délivré un discours (sans notes!) en forme de mea-culpa : « Nous, les femmes nées dans les années 70, nous n’avons pas eu conscience de la lutte pour le droit des femmes. Je n’étais pas consciente que nos mères avaient dû s’arrêter de travailler quand elles sont tombées enceinte, qu’elles ne pouvaient pas ouvrir leur propre compte en banque parce qu’elles étaient mariées. Il est grand temps pour ma génération de ne pas prendre tout pour acquis », a t-elle déclaré en évoquant notamment sa prise de conscience, le 9 septembre 1999, alors qu’elle est journaliste et qu’elle apprend l’accident mortel de l’ancienne présidente Marie-Paule Molitor-Pfeiffer et se rend compte de tout le chemin parcouru par le Planning.

Cette dernière évoque le nouveau défi du Luxembourg, celui de l’accueil et de l’intégration des réfugiés : « C’est un nouveau challenge pour le Luxembourg. Celui de dire aux réfugiés qui nous sommes, comment nous vivons, que les femmes et les hommes sont ici égaux. C’est à nous de leur expliquer, de les accompagner. Et là, le Planning familial a un véritable rôle à jouer ».

Audrey Somnard

www.planning.lu

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