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Préavis de grève à la centrale nucléaire

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Agents EDF et sous-traitants dénoncent une pression, contraire à la sérénité si nécessaire à la rigueurdu travail dans le nucléaire (Photo: le Républicain lorrain)

CATTENOM- Agents EDF et prestataires nucléaires dénoncent, par le biais de la CGT, des conditions de travail qui «empêchent de travailler dans la sérénité».

Le préavis de grève a été déposé lundi pour la semaine prochaine. Il concerne les conditions de travail.

Laurence Schmitt
(Le Républicain lorrain)


 
Pressions, sanctions disproportionnées, conditions de travail durcies liées aux exigences… Côté CGT, à la centrale nucléaire de Cattenom, la coupe est pleine. La semaine dernière, en CHSCT, le syndicat a quitté la séance pour marquer sa désapprobation à la suite d'écarts de sûreté observés chez une entreprise prestataire. «Notre mouton noir», ne craignent pas de pointer du doigt Christian Spiess, Roland Fayer et Jean-Luc Hagen (CGT). «Ils accumulent les erreurs et ensuite, font porter le chapeau aux lampistes. Comment reprocher à un salarié d'accomplir un travail qu'on lui a ordonné de faire alors qu'il n'a pas l'habilitation? On en viendrait presque à demander aux prestataires d'exiger des ordres écrits…»
 
Depuis ces quatre années de crise, le syndicat observe le durcissement des conditions de travail, «par le biais des appels d'offres, les prestataires changent de boîtes quasiment tous les deux ou trois ans. Et, à chaque fois, leur contrat est moins intéressant, sans les garde-fous d'avant. Avec l'annualisation du temps de travail, il n'y a même plus d'heures supplémentaires. Et le boulot, bien souvent, est fait dans des conditions limites.»
 
La CGT parle de tensions tout aussi problématiques pour les agents EDF. C'est un cas particulier qui a joué les déclencheurs avec un préavis de grève déposé, lundi, pour la semaine prochaine. «Ça devait arriver… Faut ouvrir les soupapes. Tout le collectif métier concerné demande de la sérénité. Il est hors de question que les agents viennent travailler la boule au ventre. Ils ont trop la pression par leur hiérarchie. On leur en fait baver, on leur en demande toujours plus en toujours moins de temps pendant les arrêts de tranche… en plus salaires et évolutions de carrière se retrouvent bloqués.» Mais pas de revendication sur les salaires. Le préavis de grève, propre à Cattenom, ne concerne que les conditions de travail.

 
Grève alors qu'une tranche est à l'arrêt
 

«S'il y a des conditions générales qui perturbent la sérénité, on est prêts à en débattre, affirmait, lundi soir, Guy Catrix, directeur de Cattenom. Nous sommes en pleine période d'arrêt de tranche, ce qui nécessite rigueur et calme. Si des choses sont détectées… nous travaillerons sur des questions de fond.» Sur l'analyse des écarts des entreprises sous-traitantes, le directeur ne veut pas porter de jugement. «Moi, je constate et demande aux entreprises des actions pour réduire les écarts. Faire une généralité des écarts, c'est discréditer les agents. Et ce n'est pas ce qu'il faut faire.»
 
«Le problème, insiste la CGT, c'est que ce sont justement les agents qui sont discrédités. On cultive le prétexte pour licencier et pendant ce temps, rien n'est mis à plat. Souvent, c'est le salarié lui-même, EDF ou non, qui doit faire l'arbitrage entre ce qu'on lui demande de faire et ce qu'il a à respecter. Il y a tout un système de procédure «parapluie» pour se protéger. Mais, si tout était respecté à la lettre, la centrale ne redémarrerait jamais. Et les hiérarchies intermédiaires, elles, n'assument plus leurs responsabilités.»
 


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