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[Football] Luc Holtz et les 8 questions qui fâchent


«Si un Selimovic se décidait là, maintenant, il lui faudrait encore rattraper le temps perdu», lance le coach. (Photo : AFP)

Le sélectionneur s’est livré à une longue interview sur des points de débat essentiels du moment et pour préparer l’avenir de la sélection.

Au sortir d’une campagne largement réussie, il va tirer un trait définitif sur Jonathan Joubert, relancer Mario Mutsch coûte que coûte et viser haut en Nations League. Entre autres.

Jonathan Joubert va-t-il rester en sélection?
NON

«Jonathan, je veux le remercier pour ce qu’il a fait pour ce pays depuis plus de dix ans et en revenant. Je veux saluer sa personnalité et les services qu’il a rendus et je lui tire mon chapeau pour ses performances récentes. D’ailleurs, après le 8-0 à Stockholm, je suis heureux que cela se soit bien terminé pour lui contre la Bulgarie. Mais il faut qu’un jour, on en arrive, dans notre planification, à la suite. Il faut tourner la page. On a encore deux très bons gardiens derrière. Alors en football, il ne faut jamais dire jamais – d’ailleurs, même lui ne pensait jamais revenir – mais Jonathan ne rajeunit pas et a priori, cette fois, c’est fini.»

Mario Mutsch a-t-il encore sa place en sélection?
OUI

«Dans les médias du pays, on veut faire un cas Mario Mutsch. Moi, je suis tout à fait d’un avis contraire à beaucoup de choses qui ont été écrites. Déjà, il vit beaucoup de son physique et ces derniers temps, beaucoup de choses ont été faites de travers. Parce qu’entre jouer Bâle avec Saint-Gall et Mersch avec le Progrès, il y a une énorme différence et que quand on a été blessé trois mois, il est logique de ne pas être à son meilleur niveau après deux matches de DN et un autre de Coupe. Déjà, il est passé à quatre séances par semaine seulement et je dis que s’il veut retrouver ses qualités physiques, son club va devoir l’aider. Il lui manque juste la compétition, la répétition des efforts à haute intensité et c’est pour ça que je dis que le Progrès doit lui donner les moyens de redevenir le Mario qu’il était. Pourtant, il n’est pas si loin qu’on le pense et surtout, il a la mentalité nécessaire pour le retrouver. Ces derniers temps, je l’ai vu énormément douter, souffrir d’être critiqué et se demander s’il avait tout bien fait. Il a envie de faire les efforts alors qu’on arrête de dire ou d’écrire qu’il est fini! Il a encore beaucoup d’avenir en tant que milieu axial ou sur un flanc!»

Mis à mal dans les duels ces derniers mois, Joachim doit-il grossir?
NON

«Ce n’est pas qu’un problème de kilos. Mais on voit bien, dans son cas, l’importance de la préparation physique et des coaches de clubs dans le matériel qu’a à sa disposition une sélection. Moi, je n’ai que ce qu’on me « prépare ». Et le Lierse a fait beaucoup de choses de travers. Les charges imposées aux joueurs avec les temps de récupération qu’ils ont ne convenaient pas. Et d’ailleurs, cela se retrouve actuellement dans la position du club en championnat. « Auré », il est juste moins explosif, moins dans les duels, parce qu’il accuse le coup. Il a juste moins de fraîcheur. D’ailleurs, Tim Hall (NDLR : qui évolue aussi au Lierse), que je vois à l’entraînement même si je n’ai pas pu le juger en match, me paraît également manquer un peu d’explosivité.»

Maurice Deville s’est-il mis de lui-même en marge?
OUI et NON

«Ce qui m’intéresse, c’est le collectif. Alors j’observe Maurice depuis un petit moment et plus je le vois en stage, plus je doute de son investissement et de son dévouement. Il est moins concerné que d’autres. Donc oui, c’est un peu lui qui s’est éloigné tout seul. D’autant que maintenant, certains montent en puissance, mouillent le maillot du Luxembourg et mettent leurs priorités individuelles en retrait. Mais c’est à lui, maintenant, de me montrer qu’il veut revenir. La porte reste ouverte mais je connais la mentalité du joueur. Je vais le reconvoquer un jour même s’il me reste des doutes…»

Lars Gerson retrouvera-t-il d’office sa place en revenant?
NON

«Aujourd’hui, personne n’est plus assuré d’avoir sa place au cœur du jeu. Par exemple, si un Chanot et un Mahmutovic – je n’aurais de toute façon pas fait débuter Enes, même s’il ne s’était pas blessé à la cheville, parce qu’il n’était pas encore physiquement au point – avaient été là en Suède, on aurait eu énormément moins de soucis dans le domaine aérien et le sort de la rencontre aurait été complètement différent parce qu’un Chris Phillipps, qui dépannait, a trop de soucis dans ce domaine. Il aurait donc fallu reconsidérer sa place devant la défense. Mais remarquez comme on ne parle plus des absents désormais! Mardi, contre la Bulgarie, vous avez remarqué qu’il nous manquait quatre professionnels? Alors non, pour Lars, ce n’est pas automatique. Même pour un Christopher Martins : quand je vois ses qualités et ce qu’il en ressort, ce n’est pas suffisant. Il manque d’intensité dans ses enchaînements et a tendance à enlever quelques pour cents dans tout ce qu’il fait. Mais même hors du terrain, il est trop cool, trop dans le relâchement. Or c’est là que ça commence. Et il risque bien, un jour, de se retrouver sur le banc si son comportement n’est pas ce qu’il aurait dû être…»

Les naturalisables qui hésitent sont-ils encore les bienvenus?
NON

«C’est pour ça que je suis heureux, aujourd’hui, que nous fassions des résultats. Parce que maintenant, on ne court plus après des gens comme ça. Les joueurs, leurs agents, leurs familles, n’ont qu’à se décider et qu’ils nous le fassent savoir. Moi, je veux des gamins qui mouillent le maillot avec plaisir. Les indécis, je n’en veux pas. D’ailleurs, c’est un tel manque de respect pour ceux qui sont là que je ne peux pas les prendre. Regardez ceux qui hésitent, les Mota, les Selimovic… pendant qu’ils regardent dans leurs canapés les matches contre la Suède, les Pays-Bas, la France, les autres sont sur le terrain et progressent. Eux, ils stagnent. Si un Selimovic se décidait là, maintenant, il lui faudrait encore rattraper le temps perdu. Devant lui, il y a Chanot, Philipps, Malget, Mahmutovic… Il s’est trompé dans ses choix.»

Le Luxembourg doit-il jouer la 1re place en Nations League?
OUI

«Des ambitions, il faut en avoir et on en a. Il faut aussi des objectifs raisonnables. Donc… on attend de voir le tirage et les adversaires. Le souci dans cette Nations League, c’est que pas mal de nations auront aussi l’ambition de finir 1re de leur groupe. Je dirais au moins trois par groupe. La Macédoine, le Belarus, la Géorgie, l’Arménie… me semblent avoir des réservoirs de joueurs pros encore supérieurs au nôtre même si, effectivement, ce sont des nations que nous avons battues ces dernières années. Il y a aussi des petites équipes qu’il nous faudra apprendre à battre. Disons en tout cas qu’on jouera pour les deux premières places.»

Luc Holtz sera-t-il encore là pour la prochaine campagne?
OUI ou NON

«(Il rit) Disons qu’un 8-0, ce ne doit pas être très bénéfique pour l’image d’un coach… Non, écoutez, je suis coach du Luxembourg et je suis engagé à 100 % dans ce projet. Si quelque chose tombe sur ma table, je ne dirai pas non si c’est intéressant. Erzgebirge, en début d’année, est la seule option claire et nette qui se soit présentée à moi ces derniers mois. Je ne cache pas qu’il y a eu d’autres contacts, des gens qui m’ont indiqué que j’étais dans une short list, il y a eu des échanges de message, mais cela n’a jamais dépassé ce stade. Mais vous savez comment le foot fonctionne. Il faut un agent ou un réseau. Moi, je sais que si jamais quelque chose se présente, je me rapprocherai de Didier Philippe (NDLR : l’ancien coach du F91 et aujourd’hui agent, entre autres, de Laurent Jans).»

Entretien avec Julien Mollereau

 

2 plusieurs commentaires

  1. Dommage que Joubert ne puisse pas rester il a fait un joli retour un 0-0 face aux clowns français c’est bien même si le poteau est regrettable espérons que les deux autres gardiens fassent mieux
    Signé un. Francais

  2. Pour la Nations League pas d’excuses: se sont toutes des équipes à notre portée, donc on vise la qualification et pas une deuxième place.

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