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[Exposition] La folie des grandeurs au MNHA


Le 18 mars 1871, l'enterrement du fils de Victor Hugo, d'André Fougeron. Cette huile sur toile datant de 1952 est la plus grande œuvre du musée. (Photo : Hervé Montaigu)

Le MNHA sort de ses réserves des grands formats qui, en raison de leurs dimensions, ne sont que rarement exposés. Une quinzaine d’œuvres qui témoignent ainsi du besoin d’expansion de certains artistes.

Monory, Erró, Télémaque, Fromanger ou encore Fougeron… Les importants représentants de la vague figurative de la fin des années 50 dominent ce nouvel accrochage «XXL».

Si dans l’histoire de l’art, les artistes se sont régulièrement exprimés de manière expansive, ces élans grandiloquents posent aujourd’hui un problème majeur : leur stockage. Symbole de ces œuvres massives impossibles à contenir dans les réserves, celle d’André Fougeron (1913-1998), intitulée Le 18 mars 1871, l’enterrement du fils de Victor Hugo. «Un cadeau de l’artiste», précise Michel Polfer, le directeur du MNHA, qui ne l’avait plus exposé depuis 2005. Normal quand on apprend que son considérable format – 3,46 mètres de hauteur pour 5,47 de largeur – oblige le musée à la monter… sur place.

«C’est la plus grande que l’on ait dans notre collection. Elle est impressionnante, ne serait-ce que par ses dimensions», et par ce qu’elle nécessite, aussi, comme opération. Après sa sortie de la caisse où elle était enroulée, il a fallu presque une semaine à l’équipe du MNHA pour la rendre présentable en assemblant entièrement un châssis et en tendant la toile. Ce monumental tableau datant de 1952 montre que les barricades parisiennes de la Commune s’ouvrirent pour laisser passer le cortège funèbre accompagnant le fils du célèbre écrivain français.

Quinze autres toiles «grandes surfaces» – toutes issues des collections du MNHA – accompagnent celle-ci, à travers une sélection qui met en évidence des artistes contemporains issus de différents courants artistiques (la figuration, tout particulièrement, mais également le pop art), comme Gérard Fromanger qui, comme l’a déjà évoqué sa dernière rétrospective à Pompidou, propose une œuvre à la fois engagée politiquement et questionnant la représentation. Les deux dévoilées ici (Le rouge et le noir dans le prince de Hombourg et Bouche à bouche, jaune) le confirment.

Des femmes et un anonyme

De son côté, Robert Combas rappelle, avec Supplique pour que Sète ne soit pas enterré par les promoteurs immobiliers, qu’il tient un peu du graffiti, mais beaucoup de l’art brut et de l’imagerie arabe, comme africaine. L’Islandais Erró, lui, flirte un peu avec Jérôme Bosch, avec ses riches créations au vocabulaire propre, pleines de couleurs et de drôleries. Jessica, portrait de femme intemporel, dans un style tout en sobriété, autant dans la composition que dans les masses de couleurs, est l’une des belles réussites de l’Américain Alex Katz. Autre dame, autre continent avec le Chinois Feng Zhengjie : Regards vers l’est, regards vers l’ouest n°1 reflète ici la vision du pop futuriste, s’inspirant d’Andy Warhol et des simples panneaux de publicité.

Côté luxembourgeois, notons la présence de deux artistes : Aline Bouvy, doublement représentée (You. Gorgeous. et Interruption in the Social Contract), et Jean-Marie Biwer, avec son triptyque Ciel n° 3, déjà montré une première fois au Mudam. Finalement, le seul artiste de cette réunion à ne pas avoir recours à la peinture comme moyen premier d’expression est Braco Dimitrijevic. Casual Passer-By I met at 4:43 PM, Luxembourg, création originale réalisée spécialement au Luxembourg dans le cadre du Mois européen de la photographie 2011, célèbre l’anonymat avec l’imposant portrait d’un inconnu, exposé en pleine rue.

Grégory Cimatti

Musée national d’Histoire et d’Art – Luxembourg.

Jusqu’à fin janvier 2017.

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