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L’univers fantasmagorique de Caro et Jeunet dans un cabinet de curiosités


Caro et Jeunet ont créé une esthétique proche du fantastique et du conte noir, évoquant souvent le monde de l'enfance. (photo AFP)

Le cahier de photomaton d’Amélie Poulain, le cochon de « Delicatessen » ou les machines de « La Cité des enfants perdus »… Une exposition aux allures de cabinet de curiosités fait revivre à partir de jeudi à Paris l’univers unique et étrange du tandem Caro et Jeunet.

Cette exposition résolument visuelle fait la part belle aux objets qui égrènent les films des deux compères et propose de revoir les extraits dans lesquels ils apparaissent. Des objets qu’ils ont pour la plupart fabriqués eux-mêmes, notamment des marionnettes pour des films d’animation, les figures d’Alien ou encore les peintures de Marc Caro. A cela s’ajoutent les costumes de films notamment les tenues de Jean Paul Gaultier, les storyboards et les dessins de décors.

L’exposition offre également un aperçu des projets qui n’ont pas vu le jour, comme cette Histoire de Pi sur laquelle a travaillé Jean-Pierre Jeunet pendant deux ans et une série Casanova, arrêtée au stade du pilote. « C’est un cabinet de curiosités dans un musée singulier, c’est cohérent », souligne Marc Caro, la Halle Saint-Pierre, où se tient l’exposition, étant spécialisée dans l’art brut. « Beaucoup des objets exposés étaient dans mon bureau », confie Jean-Pierre Jeunet, le collectionneur des deux, qui a signé avec son acolyte Le bunker de la dernière rafale, un court-métrage de science-fiction en 1981 puis Delicatessen en 1990 et La Cité des enfants perdus en 1995.

Les deux hommes issus de la bande dessinée (Caro) et de l’animation (Jeunet) se sont rencontrés au milieu des années 70 au festival d’Annecy. Ensemble, ils ont créé une esthétique proche du fantastique et du conte noir, évoquant souvent le monde de l’enfance, avant de prendre des chemins différents. Jean-Pierre Jeunet a ensuite traversé l’Atlantique pour tourner Alien, la résurrection en 1997, puis Le fabuleux destin d’Amélie Poulain (2001) et Un long dimanche de fiançailles (2004), tous deux avec Audrey Tautou.

Pendant ce temps, son ex-complice assurait une partie du design de Blueberry et les animations de Vidocq. Il est revenu seul derrière la caméra en 2007 dans un film de science-fiction Dante 01. Malgré cette exposition, l’idée de collaborer à nouveau ne semble pas d’actualité. « Refaire un long métrage, je ne pense pas », souligne Jean-Pierre Jeunet. « On a déjà fait deux films et demi ensemble, c’est pas mal ! » Les deux hommes travaillent actuellement chacun de leur côté à un projet en réalité virtuelle (VR). « Ça apporte une dimension supplémentaire à la narration. C’est un cinéma qui va devenir plus perceptif », estime Caro. Un intérêt partagé par Jeunet même s’il déplore « la qualité de l’image » obtenue jusqu’ici avec cette nouvelle technologie.

Le Quotidien/AFP

Exposition jusqu’au 31 juillet 2018 à la Halle Saint-Pierre de Paris.

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