Accueil | Luxembourg | GC Battle II : Alliance Artistic a régalé le public

GC Battle II : Alliance Artistic a régalé le public


Deuxième édition du GC Battle et deuxième victoire dans le concours chorégraphique pour Alliance Artistic ! (Photo Ismaël Bouchafra-Hennequin)

En remportant le concours chorégraphique et le battle All Style, le groupe familial Alliance Artistic (Thionville) a éclaboussé de sa classe et de son talent la 2e édition du GC Battle, samedi dernier à Luxembourg. En attendant peut-être mieux…

Samedi, Luxembourg. Il est midi. On arrive devant l’entrée du hall omnisports Ostende-Belair, lieu où va se dérouler le GC Battle, et c’est le patron en personne, Adriel Trombin (ASBL Growing Culture), qui nous accueille. Téléphone portable dans une main, boisson énergisante dans l’autre, il n’arrête pas de courir à droite à gauche, mais prend tout de même le temps de nous checker*. Car aujourd’hui, on n’a pas prévu d’aller à la piscine, non… mais bel et bien de se rendre au battle de danse hip-hop. À grandes enjambées, on met donc le cap à droite, direction la salle.

Bob vissé sur le crâne, b-boy K-mel alias Terry Bogard (Fatal Fury, Luxembourg) est déjà en train d’inspecter le dancefloor. C’est du parquet. Ça va lui permettre d’avoir à la fois de la glisse et de l’accroche. Autant dire que c’est parfait ! 14h, Sadat Sekkoum, le speaker, lance les qualifications de Stand Up All Style (2 vs 2). «Allez, mettez la patate, mettez la gomme !»

Ce tour de chauffe, c’est surtout l’occasion de voir s’affronter différents styles : du locking, du popping, du break, du newstyle, de la house… et même du krump, une danse agressive, saccadée et ultra énergique avec la présence des cadors allemands Rowdy Eyez et Soulja (Rowdys, Sarrebruck). Sadat, intrigué, essaiera même de les imiter. Mais lorsque, à son tour, il tape son pied au sol, disons que ça n’a pas du tout le même effet !

Ne pas négliger les fondations, trouver son identité

15h07, une petite pause galvanisante s’impose. Kapela, l’un des juges, se lève de sa chaise et interpelle Hamtarow (Paris) : «Hey, eux, c’est tes petits ?» – «Non, non !» Il va donc directement leur donner quelques conseils. «Bon, les gars, c’est bien de vouloir kiffer. Mais avant de faire du newstyle et d’arriver à danser comme dans les clips, y faut que vous appreniez les bases. Le smurf, la hype, le popping…» En clair, ne pas griller les étapes, prendre le temps de bosser en quelque sorte les fondations. À bon entendeur…

15h20. Alors qu’il conclut son passage en qualifs de break (3 vs 3) sur un nineteen**, K-mel (Fatal Fury) claque un bisou trop mimi sur le bonnet de Kenzo (10 ans, Djoitte Forever, Metz), son adversaire qui lui fait face. Kenzo, c’est le futur, la relève, le petit protégé de Yann Salim Abidi (Pockemon Crew). «C’est venu comme ça, dans le feu de l’action», nous confiera sobrement l’ancien membre du feu Project X Crew.

16h30. Après les délibérations, durant la pause, b-boy Marcio et Kapela, deux des juges, se laissent aller à quelques confidences. Globalement, ils sont déçus par le niveau proposé par les danseurs. «On sent un réel engouement mais parfois, je n’ai même pas réussi à identifier une danse hip-hop, glisse « Kapé ». Ça copie les moves des Twins ou d’autres danseurs connus qu’ils voient sur Youtube. Du coup, y’a la forme, mais ça manque de fond.» «Moi, ce qui m’intéresse, c’est la personnalité du danseur, son identité artistique, poursuit Marcio (Flying Steps, Berlin). J’attends qu’il me montre, par le biais de sa danse, de ses mouvements, qui il est vraiment. Chaque personne qui vient sur Terre est a priori unique, non ?»

Le mime osé de Bad

Oariá raiô, Obá Obá Obá… 17h, voici le moment tant attendu des démos des juges. Pfff… elles parlent d’elles-mêmes, y’a rien à dire, si ce n’est : «Respect !» Kapela (Serial Stepperz, Paris), par exemple, nous vend du rêve avec son agilité et sa musicalité phénoménales sur les notes de piano. Tellement il est «dans le son», on croirait que c’est lui qui joue de cet instrument avec ses pieds. Bluffant !

17h11. 10 crews ont été finalement sélectionnés pour les quarts de finale en All Style, deux de plus que prévu. Et 8 équipes en break. Au fur et à mesure, ça se précise, les battles deviennent de plus en plus engagés. En mimant pile au bon moment le Manneken-Pis, Bad (Street Harmony, Nancy) provoque la folie, l’envahissement un court instant de la piste. Stimo (MCP Crew, Saint-Ouen, France), lui, fait dans l’originalité en enlevant sa chaussure droite pour s’en servir comme d’un accessoire (téléphone, micro) dans son impro. Sacrément fute-fute le Lion Indomptable, fallait y penser !

Entre Disneyland et Le Roi Soleil

19h13. Le temps de déménager les chaises des juges et de vérifier que chaque équipe a bien filé son stick (NDLR : sa zik sur une clef USB) à DJ Jean Maron, on peut enfin passer au concours chorégraphique. À cause du timing serré, les 11 groupes enchaînent les uns à la suite des autres. Il y a des shows punchy comme celui de Do Not 4 Get (Maubeuge) emmené par Big Sof, et d’autres, plus subtils, comme celui d’Alliance Artistic (Thionville) qui vous envoie loin, dans un autre univers. Il s’agit d’un show féérique à base de mime et d’interprétation robotique qui a été construit de toutes pièces par la famille Benattou : la maman Isabelle a fait les costumes, SamSam a produit la bande-son, et avec ses deux sœurs (SabSab et Van Van) et son beau-frère (Poppin’C), ils se sont chargés de créer la choré.

Verdict ? Un peu plus de 6 minutes d’émotion, d’intense plaisir où tous les quatre font, sur scène, véritablement corps. Où ils racontent une histoire. «Ce spectacle intitulé Hypnose, c’est leur bébé, ils le jouent depuis un an, c’est ce qui les représente vraiment», nous dira fièrement papa Habib.

Surtout, le quatuor réussit à capter l’attention des gens car il crée une atmosphère et invite au voyage. Un voyage captivant à mi-chemin entre Disneyland (La maison hantée) et la comédie musicale Le Roi Soleil. «Contrôle, musicalité, déplacements… c’était quasiment parfait», confiera Dom K (Infamous Crew, Paris), l’un des juges, qui leur glissera la chose suivante après leur victoire : «Si vous ne sortez pas du Luxembourg ou de la Grande Région avec ce show, vous ne pourrez vous en prendre qu’à vous-mêmes. Car, étant donné votre niveau, y’a largement de quoi faire !» Comme participer aux prochaines qualifs du Dance Delight, fameux concours chorégraphique de street dance, par exemple ?

Ismaël Bouchafra-Hennequin

* Checker : salut des mains codifié, suivi d’une accolade épaule contre épaule.
** Nineteen : fait de tourner en équilibre, axé sur une main.

Les grands vainqueurs de cette 2e édition du GC Battle :

Concours chorégraphique, 1 000 euros : 1. Alliance Artistic (SamSam, Poppin’C, Sab Sab et Van Van, Thionville, FR) 2. Do Not 4 Get (Maubeuge, FR) 3. Renmei Crew (Charleroi, BEL).

2 vs 2 All Style, 500 euros : SamSam et Poppin’C (Alliance Artistic/ Dbz Fam, Thionville, FR) battent Big Sof et Aziz (Casseurs poppers/Amalgam, Maubeuge et Bully-les-Mines, FR).

3 vs 3 b-boy, 1 000 euros : WBB (Mounir aka Brigadier, Taka et Zine, Troyes, FR) bat Fatal Fury (Mugen, Nouré et K-mel, LUX).

PUBLIER UN COMMENTAIRE

*

Votre adresse email ne sera pas publiée. Vos données sont recueillies conformément à la législation en vigueur sur la Protection des données personnelles. Pour en savoir sur notre politique de protection des données personnelles, cliquez-ici.